Black Conservation LAB
la restauration d’oeuvre d’art comme acte de résistance et réparation mémorielle
Black Conservation Lab est un projet artistique qui
vise à transformer la façon dont nous prenons soin
des objets d’art issus des cultures noires, en
réinventant radicalement les gestes des
professionnel·les du patrimoine. Il place au cœur de
sa démarche les histoires, les mémoires et
l’imaginaire des communautés afrodiasporiques se
concrétisant par création de deux objets artistiques:
Volet I: Une création sonore: “L’expérience noire”, (disponible à l’automne 2026)
Volet II: Un film poético-documentaire: “L’intention du geste”,(disponible à l’automne 2027)
Volet III: Une publication de recueil de constats d’états poléolitiques
Bruxelles
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Lubumbashi
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Dakar
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Saint-Louis
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Le projet est porté par Emmanuelle Nsunda aka Le seum heureux, conservatrice et restauratrice d'œuvres d’art, créatrice sonore et chercheuse en art qui propose une démarche résolument en contre-courant de la conservation classique. Sa pratique devient un acte de résistance culturelle et de réappropriation qui, loin de nier le passé, propose une nouvelle manière de le transmettre et de le faire vivre.
« Si l’on considère qu’une partie du métier de la conservation-restauration consiste à préserver le lien à l’histoire intime, individuelle, et au rapport sensible aux objets, comment inclure, dans cette pratique, le vécu des peuples dépossédés ? »
L’ancrage: La collection du Park Hotel, les peintures du Hangar
Les productions artistiques noires portent jusqu’à ce jour les cicatrices de l’histoire coloniale : depuis l’extraction massive du patrimoine africain, la mainmise occidentale sur leur conservation et le contrôle des financements actuels. Ces rapports de domination ont irréversiblement métamorphosé les créativités noires et le rapport au monde de l’art s’inscrit dans une expérience noire propres aux artistes noires en Afrique et dans sa diaspora. Face à ces déséquilibres de pouvoir et aux impasses juridiques, il est quasi impossible pour leurs voix de peser dans les débats essentiels actuels(des restitutions par exemple). Face à ce constat, Emmanuelle Nsunda investit le champ artistique pour faire émerger de nouveaux possibles et permettre l’inclusion véritable et sincère des voix africaines et diasporiques. Son projet en deux volets s’ancre résolument dans le microcosme culturel de Lubumbashi.
VOLET I LA CREATION SONORE
L’expérience noire
Sortie prévue le 30 septembre 2026
5 épisodes de 45 minutes + 1 mini épisode d’introduction
Au cœur de Lubumbashi repose une collection exceptionnelle : 33 œuvres de l’École du Hangar. Née dans les années 50, cette première école de peinture congolaise a fusionné techniques ancestrales et peinture de chevalet occidentale. Portée par des figures majeures comme Mwenze Kibwanga, Pili-Pili et Bela Sera — devenus ensuite professeurs influents —, elle a façonné plusieurs générations d’artistes. Durant deux mois, Emmanuelle Nsunda brise le huis-clos habituel de la conservation et installe son atelier au Park Hotel et ouvre ses portes aux acteurs de la scène artistique locale. L’objectif ? Faire de la restauration un acte communautaire et non élitiste, capable de réparer les liens fracturés par l’histoire coloniale. Au fil du nettoyage, les conversations s’enchaînent. La mémoire des peintres du Hangar resurgit à travers les gestes et les récits partagés. La restauration dépasse alors le simple soin de la matière : elle préserve l’immatériel, ces « expériences noires » transmises de génération en génération. De ces dizaines de rencontres naît une réflexion collective et afrocentrée sur notre héritage, qui aboutira à la création d’un protocole de conservation inédit et d’une œuvre sonore immersive.
VOLET II : Un film poético-documentaire
L’intention du geste
Sortie prévue le 30 septembre 2027
En écho à la création sonore, née dans l’intimité d’un espace clos, ce deuxième projet se veut itinérant et transfrontalier, reliant la RDC (Haut-Katanga) et la Zambie. Son ambition : valoriser une déontologie de la restauration afrocentrée, inspirée des pratiques locales et ancestrales de conservation des peintures murales des villages Bemba. Ces pratiques font le liens entre les pratiques ancestrales et l’émergence d’écoles de peintures comme celle du Hangar. Cette approche privilégie la transmission plutôt que la simple durabilité de la matière. Elle s’appuie sur des matériaux locaux et écologiques, renforçant ainsi la cohésion sociale là où le concept occidental de propriété individuelle tend à diviser. Des repérages ont déjà été menés en 2025 et 2026 par Emmanuelle Nsunda, Joseph Kasau et Nico Wasa dans les villages de Makwacha, Kasenga et Pweto (RDC), ainsi qu’à Mpika et Kasama (Zambie). Avant le lancement du tournage, l’étape cruciale consiste désormais à identifier les figures emblématiques capables d’incarner l’histoire de l’art décoratif Bemba et de porter la mémoire de ces peintures murales.
VOLET III : Une publication
Recueil de constats poélitiques
Avant toute intervention, les restaurateurices doivent établir un examen diagnostique de l’oeuvre sous la forme d’un constat d’état.
Selon la chartre E.c.c.o, ilse concentre sur la determination des matériaux constitutifs et l'état de conservation du bien culturel, à identifier ses altérations, leur nature et leur étendue, à évaluer les causes des dégradations, à déterminer le type et l'étendue de l'intervention nécessaire a sa préservation. Il comprend l'étude de la documentation se rapportant au bien culturel.
Cette recherche artistique critique le focus prédominant sur l’état matériel de l’oeuvre qui réduit considérablement les dimensions sociales associées à certains objets. Les artefacts traditionnels sont généralement pris en compte. Cependant, dans le cadre de cette recherche, nous nous concentrons sur des productions contemporaines, fusion entre traditions et vécus afrodiasporiques et traditions formelles et cadres occidentaux.
Les recueils de constat poélitiques cherchent à mettre en lumière les dimensions immatérielles liées à l’expérience de résistance et de stratégie créative des artistes noires à travers le monde en proposant une nouvelle forme de diagonostique elle aussi fusion entre l’identification technique et des figures artistiques.
L’équipe
Réalisation, recherche, écriture: Emmanuelle
Prise de son et captation: Joseph Kasau et
Création musicale originale: Adam La nuit
Montage: Emmanuelle Nsunda
Mixage: (à déterminer)
Co-production: Afrofeminism in progress et Voix
de femmes asbl
Les participantes
Rita Mukebo, Grace Kalima, Maitre
Musasa, Mwenze Kibwanga, Kevin Kabambi, Israël
Nzila, Prodige Makonga, Patrick Mudekereza,
Gustave Fundi Giresse, Jean Kiat, Véronique
Poverello, Kazadi Sikasso, Philippe Mukobi, Elisha
Iragi, Marie-Aude Delafoy.
Les partenaires
Centre d'art Picha
ICC - Enough Room for space
Park Hôtel de Lubumbashi
Collectif TRACER
Centre d'art Picha ICC - Enough Room for space Park Hôtel de Lubumbashi Collectif TRACER

